" Elle essayait souvent d ' imaginer ce qui pouvait se passer dans sa tête. Elle attachait trop d' importance à ce qu' il pensait, restait marquée par ses avis péremptoires alors qu' il les avait sans doute depuis longtemps oubliés. C' était une chose d' essayer de pénétrer son esprit quand il se trouvait là, devant elle, et que chacun de ces mots lui fournissait un indice pour confirmer ou infirmer ses hypothéses au fur et à mesure. Mais après un ans* de silence toute supposition devenait hasardeuse. Dans un sens, c' était plus difficile, mais d' un autre côté, cela lui simplifiait la tâche : elle était libérée de son emprise. Libre de s'approprier ses pensées et de les iterprêter à sa guise. Il avait été absent un été*. Elle avait du mal à en comprendre la raison. Sans lui, l' été n'était que l' ombre de lui même. Toute émotion semblait atténuée, à peine ressentie, si vite passée. Les souvenirs s' effaçaient aussitôt. Il n' y avait rien de neuf depuis la derniére fois. Elle se retrouvait sur ce ponton, à l' attendre, sur un banc de bois ou sur l'autre. En fait ...
Elle n'avait jamais cessé de l' attendre.
Et oui Alice aurait préféré être celle qui arrive, plutôt que celle qui attend. [ ... ] Mais les choses ne se passaient jamais ainsi. Bizarrement, c' était toujours Alice qui attendait et Alice qui plongeait. "
Ann Brashares, Livre Page 17